guide touristique - annuaire de sites - les hôtels aux Comores - voyage - tourisme
les îles de la lune Anjouan | Moheli | Grande Comore | Mayotte | Actualité
Les Comores ...
Rechercher :
Contenu du chapitre Les Comores
Chiffres clés pour les Comores  |  Moroni, capitale des Comores Indépendantes  |  Distances inter-iles  |  Présentation de l'archipel des Comores  |  Quelques records...  |  Présentation des Iles de la Lune  |  venus d’Inde il y a deux siècles, les Dawoodi-Bohra  |  Les églises chrétiennes aux Comores  |  la foi en toute discrétion  |  M’buzini : le chant et la danse pour vivre ensemble  |  Le simsim, “vanille” des pêcheurs d’Itsandra  |  Les associations, au cœur des dispositifs de développement  |  Présidentielles 2006 : Les candidats  |  La Constitution de l'Union des Comores  |  Les membres du Gouvernement de l'Union des Comores  | 
Plat du jour
Les chaînes de Malango Comores
Comores
Savoir
Services
Communautés
Références
Pour le plaisir
Quotidien
Culture

LA LETTRE DE MALANGO
Recevez gratuitement l'actualité de l'Océan Indien par courriel

Votre nom :
Votre adresse email :


Les autres sites Malango

Accueil de Malango Comores Malango Comores Comores comores Les associations, au cœur des dispositifs de développement

 

Parce que l'Etat est défaillant et l'administration bancale, le “développement” devra compter sur son troisième pilier, la société civile.

Dernière modification le : Vendredi 22 Juin 2007 à 09:53:04.

Untitled Document

Les associations, au cœur des dispositifs de développement

Parce que l'Etat est défaillant et l'administration bancale, le “développement” devra compter sur son troisième pilier, la société civile.

Après l'échec de la gestion centralisée des processus de développement, voici arrivé le temps-test du développement participatif. Il suffit de voir les mutations stratégiques qui sont en train d'être opérées par les partenaires institutionnels et la multiplication des projets qui prétendent tous au renforcement de la société civile, pour se convaincre qu'on est à la fin d'une époque. S'il ne faut pas parier sur une reconversion idéologique rapide des “développeurs”, on peut cependant concéder qu'on est au début d'un changement de méthode, pour reprendre le jargon des institutions internationales. Un tournant que l'on peut historiquement situer en 2000, année de la signature de l'Accord de Cotonou qui oblige les pays ACP (Afrique-Carïbes-Pacifique) à reconnaître les acteurs non étatiques en tant que partenaires du développement (lire ci-contre). Il serait injuste de voir dans cette "obligation" la seule bonne volonté des gouvernants et négliger le résultat des actions et des plaidoyers du monde associatif dont les expériences alternatives ont fait émerger des modes de développement de loin plus efficaces et moins coûteux que ceux qui ont ruiné les pays bénéficiaires.

Ce changement de stratégie a trouvé aux Comores des conditions idéales pour son initiation. Notons en premier lieu, le choix institutionnel de l'Etat de déléguer une autonomie de gestion aux îles et au-delà, aux collectivités locales. Une délocalisation des pouvoirs qui devrait profiter aux communautés locales dont les capacités à se mobiliser pour prendre en charge leur destinée hors des rouages de l'Etat et de l'administration ne sont plus à prouver. Des atouts sur lesquels se sont appuyés depuis des années le Fonds d'appui au développement communautaire (FADC) soutenu par la Banque mondiale et plus récemment, le Programme de développement local aux Comores (PDLC) initié par la coopération française. En définitive, on n'a rien inventé. Les partenaires du développement ont seulement cessé d'imposer des méthodes qui ne marchent pas pour plus de pragmatisme en prenant acte de ce qui fonctionne bien.
En 4 ans, le PDLC a réussi avec peu de moyens à lancer 71 sous-projets répondant à des besoins réels et exprimés par leurs bénéficiaires. Autant de réponses à l'échelle des préoccupations de la population et qui ont permis de (re) dynamiser les structures associatives pour qu'elles s'approprient le développement. Et c'est sur ce dernier aspect que la nouvelle démarche est un pari sur l'avenir. Une étude menée en 2001 par l'Union européenne a conclu sur "le dévouement et la volonté des associations pour le bien-être local". Encore fallait-il que ce dévouement se traduise par la capacité à porter des projets cohérents jusqu'au bout. Or le dynamisme des associations est handicapé par de nombreuses lacunes. Lacunes techniques liées au manque de formation de ses membres. Lacunes sociologiques dues à leur enferment dans le champ social du village, qui les empêche de s'inscrire dans une démarche citoyenne et d'intégrer des valeurs démocratiques "permettant de libérer les volontés individuelles comme ça devrait être le cas dans une période de transformation sociale et politique", relève le PDLC dans son manuel qui établit un état des lieux du tissu associatif comorien.

De grands pas ont cependant été réalisés dans le sens de la structuration et du renforcement des capacités des acteurs communautaires par le FADC. Plusieurs comités de pilotages (plus d'une centaine sur l'ensemble du pays) et de comités de gestions ont été créés dans les villages. "Aujourd'hui, ces structures ont une maîtrise de la gestion communautaire, des passations de marchés, du suivi financier et de l’évaluation des projets" assure une responsable du FADC. Ce travail de renforcement des capacités d'action des acteurs non étatiques a été poursuivi par le PDLC à travers la formation des formateurs issus de différentes associations insulaires ou de fédérations des associations. L'Union européenne, qui va lancer en 2006 un premier programme de Coopération décentralisée d'un montant total de 10,250 millions d'euros, a mis elle aussi l'accent sur la formation des organisations de la société civile. "Pour éviter que cet appui aux acteurs non étatiques ne crée des déséquilibres avec les acteurs décentralisés des collectivités locales, nous avons prévu la formation des élus, du personnel administratif des assemblées et des îles" souligne Saïd Mhamadi, de la cellule d'appui à l'ordonnateur national du Fonds européen de développement à Moroni.
La qualification des ressources humaines n'est pas l'unique axe de la nouvelle approche du développement. La conception des projets fait aussi peau neuve. Fini, la politique du coup par coup, sans vision globale. Les institutions se bousculent pour être à l'heure des programmes de développement local, les PDL. Le FADC a déjà à son actif une dizaine de plans de développement local, qui servent de référence pour l'identification des sous-projets sur une période de 4 ans (2006 à 2010.) Dans son programme de coopération décentralisée, l'Union européenne a inscrit plus de deux millions d'euros pour "l'élaboration des plans de développement locaux et l'appui aux micro-réalisations de développement localisées". C'est dans ce nouveau contexte que doit intervenir également l'année prochaine, le projet de co-développement initié par la coopération française et qui veut prendre attache sur les organisations de la diaspora.

Cette implication soulève cependant d'autres défis. Ces acteurs pourront-ils constituer une alternative "aux faiblesses des institutions étatiques pour un bien être de la population" ? s'interroge le Pdlc. Pourront-elles constituer l'ossature d'une société civile capable de créer une démocratie participative, propager et développer une culture démocratique "et faire émerger une nouvelle réflexion sur la gestion des biens communs" ?
Certes, les acteurs associatifs vont être encadrés par des formations. Mais sauront-ils pour autant éviter les effets pervers qui ont discrédité les institutions publiques ? Une partie de la réponse appartient à la capacité des partenaires, qui ne sont pas complètement irréprochables et ont leur responsabilité dans l'échec des gestions centralisées des processus de développement. Les associations comoriennes n’ont pas le droit de râter l’opportunité en se donnant les moyens d’assumer pleinement leur rôle d’acteurs et préparer ainsi les hommes de demain.

Kamal'Eddine Saindou
21-12-2005

 
Contacter Malango Sites partenaires Plan du site