guide touristique - annuaire de sites - les hôtels aux Comores - voyage - tourisme
les îles de la lune Anjouan | Moheli | Grande Comore | Mayotte | Actualité
Les Comores ...
Rechercher :
Contenu du chapitre Les Comores
Chiffres clés pour les Comores  |  Moroni, capitale des Comores Indépendantes  |  Distances inter-iles  |  Présentation de l'archipel des Comores  |  Quelques records...  |  Présentation des Iles de la Lune  |  venus d’Inde il y a deux siècles, les Dawoodi-Bohra  |  Les églises chrétiennes aux Comores  |  la foi en toute discrétion  |  M’buzini : le chant et la danse pour vivre ensemble  |  Le simsim, “vanille” des pêcheurs d’Itsandra  |  Les associations, au cœur des dispositifs de développement  |  Présidentielles 2006 : Les candidats  |  La Constitution de l'Union des Comores  |  Les membres du Gouvernement de l'Union des Comores  | 
Plat du jour
Les chaînes de Malango Comores
Comores
Savoir
Services
Communautés
Références
Pour le plaisir
Quotidien
Culture

LA LETTRE DE MALANGO
Recevez gratuitement l'actualité de l'Océan Indien par courriel

Votre nom :
Votre adresse email :


Les autres sites Malango

Accueil de Malango Comores Malango Comores Comores comores Les églises chrétiennes aux Comores

 

Dernière modification le : Vendredi 30 Décembre 2005 à 12:20:45.

Les églises chrétiennes aux Comores

Sœur Colette, l’infatigable

Plus de 40 ans après son arrivée aux Comores, la fondatrice de la mission catholique de Moroni continue de soigner les brûlés.

Aminata et ses bijoux qui scintillent, Colette et son gros crucifix.
A chacune sa prière.

Sœur Colette a débarqué aux Comores après un long voyage en mer. Quatre semaines. Ou peut-être plus, elle ne se souvient pas bien : c'était il y a 40 ans au moins. "On était trois sœurs, toutes jeunettes, 20 ou 25 ans", se souvient-elle. "On était venues avec beaucoup de malles, pleines de choses pour enseigner." Colette, la nîmoise, et ses deux congénères étaient les premières missionnaires de l'ordre catholique français de Saint Thomas de Villeneuve, qui a pour vocation l'enseignement et le soin aux malades. "Il n'y avait jamais eu de mission à Saint Thomas. Mais moi, c'était ce que je voulais faire. J'ai beaucoup insisté", raconte la sœur. Après l'Indépendance, elle sera la seule à rester. "Tous les m'zungu sont partis. Mais j'étais venue pour me donner aux Comoriens, pas pour les lâcher au moment où ils se retrouvaient seuls !"
Incapable de s'adapter aux méthodes d'enseignement adoptées par Ali Soilihi -"je ne connaissais pas bien la langue comorienne"- la sœur laisse alors l'éducation de côté et ouvre une petite unité de soins médicaux. Sans formation sanitaire, elle apprend dans les livres et auprès des quelques médecins restés dans le cadre de la coopération. Peu à peu, de service en service, la mission s'est agrandie. L'une de ses grandes réalisations reste le service de soin aux brûlés. "Au début, on a regardé dans les livres pour faire les pansements. On s'est jetés comme ça ! J'étais barjo", s'esclaffe la vieille dame. "Pour avoir fait ce que j'ai fait, je me dis que je dois être folle !"
Sœur Colette a continué à diriger la mission jusqu'en 2003, date à laquelle elle est tombée malade et a été évacuée des Comores. Elle s'est réveillée immobilisée, couverte de bleus et quatre vertèbres déplacées, dans le couvent où elle était entrée jeune fille, sans se souvenir d'avoir été hospitalisée à l'hôpital El-Maarouf, puis à Mamoudzou, et enfin transportée en avion. La missionnaire ignore ce qui lui est arrivé exactement. Mais après une année de repos, elle a tenu, à 75 ans, à rentrer dans sa petite maison, en lisière de la mission catholique de Moroni, pour continuer son travail. Entre temps, la direction de l'établissement a été reprise par d'autres religieux. Sœur Colette se contente de continuer à prodiguer bénévolement ses soins aux brûlés, le dos voûté, ignorant désormais tout de la conduite des services auxquels elle a consacré sa vie. "Ce que je regrette, c'est que ce n'est plus vraiment une grande famille comme autrefois", risque-t-elle.
La famille de Colette, aujourd'hui, c'est avant tout Amina Ali Sidi et ses sept enfants. Aminata, comme on l'appelle dans le quartier, a travaillé pendant 15 ans dans le service de puériculture des "sœurs de brousse" avant de devenir monitrice à l'école ménagère de la mission catholique. Quand sœur Colette est rentrée de France, Aminata a décidé de ne plus la lâcher. "Elle ne peut plus rester toute seule dans cette maison", explique-t-elle. Alors, cette mère de famille comorienne est devenue l'ange gardien de la bonne sœur. La journée, ses enfants, dont les plus jeunes ont 7 ans, font leurs devoirs et reçoivent leurs copains chez Colette pendant que leur mère cuisine, fait le ménage et la conversation, s'occupe de l'enfant qu'elle garde pour gagner quelques sous. Le soir, elle raccompagne sa progéniture chez elle, à quelques pas de la mission, et met tout le monde au lit avant de rentrer dormir chez Colette.
Dans le livre de prières de la sœur, cachée dans les pages qu'elle ouvre chaque jour, une photo de la petite fille d'Aminata. "Je la vois quand je prie", dit-elle simplement. Entre les prières au jardin de Colette et celles, sur un tapis dans un coin de la maison, d'Aminata la musulmane, les deux femmes se charrient à coups de boutades et de grands rires. Colette n'a rien perdu de son accent nîmois et, entre les "peuchère" et les "shonga" dont elle ponctue ses phrases, elle aime jouer de grimaces et prendre des airs de conspiratrice pour mimer une conversation du passé.
Leur complicité est à l'image de l'attitude de la sœur envers l'Islam. "Je n'ai jamais essayé d'attirer quelqu'un vers ma religion", explique-t-elle. "J'ai toujours respecté les musulmans et c'est pour cela que j'ai trouvé ma place ici." Et Aminata, en bonne gardienne de la mémoire surchargée de sa vieille amie, de renchérir : "On a construit une mosquée dans la mission pour les malades. Des maoulida avec le personnel et les moufti ont été organisés ici."
Mais pour toute une génération, la sœur Colette reste avant tout la jeune institutrice qui leur racontait des histoires. "Si vous voyiez tous ceux qui viennent me faire la bise quand je vais au magasin !" se vante la religieuse. "J'ai même enseigné Azali !”

Sous la colonisation, les sœurs dispensaient le catéchisme aux enfants “m'zungu” en dehors des heures de classe. “Mais il y avait des petits comoriens qui suivaient”, se souvient sœur Colette. “Il y en avait même qui venaient à l'Eglise.” Cependant les conversions étaient rares et discrètes. “S'il y en avait, on préférait les faire partir”, raconte la religieuse. “On se débrouillait pour qu'ils poursuivent leurs études ailleurs. Pour eux, ils valait mieux vivre leur religion ailleurs qu'ici.” Pourquoi ? “Si un jeune choisit une autre religion, il va y avoir une réunion au village, les moufti vont venir, les gens ne vont pas l'accepter”, affirme Amina Ali Sidi. "Les Comoriens qui changent de religion se cachent. Moi-même, les gens me demandent : “Tu peux prier chez la sœur ?” Mais ce n'est pas parce qu'on entre dans une église qu'on devient catholique. La religion islamique n'est pas compliquée. Ce sont les gens qui la compliquent !”
Dans son petit salon, l'énorme reproduction d'un chèque de 1.551.000 fc (3.000 euros environ) est accroché. La recette d'un concert, organisé à l'instigation du musicien Maalesh, au profit du service des brûlés. Une preuve, aussi, du respect accordé à Moroni à cette religieuse qui n'a pas converti grand monde (lire ci-contre). Ignorante des détails de la hiérarchie et du système catholique, la sœur Colette garde les yeux rivés sur la petite mission qui résume toute sa vie. Le changement de statut de l'établissement -il s'appelle Caritas maintenant- lui est étranger. Ses relations avec son ordre sont plutôt lointaines -"ils n'ont pas répondu à ma dernière lettre. Je me demande si je ne leur ai pas désobéi, en revenant ici", avoue-t-elle d'un ton égal. Elle ne le dit pas, mais on sent que la chose n'a que peu d'importance. Sœur Colette n'obéit qu'à elle-même... enfin, à Dieu, corrigerait-elle.

Lisa Giachino
"Kashkazi"
21-12-2005

Eglise évangélique : l’auberge protestante

Tous les courants protestants ont leur banc dans la salle de culte du pasteur Willy, sur les hauts de Moroni.

La route qui relie la zone sud de la capitale à sa partie ouest est incorrectement nommée "route de la mission catholique". On pourrait la (re)baptiser “le chemin de la foi”. Celui-ci prendrait son élan au rond point de l'église catholique, croiserait plusieurs mosquées avant de rencontrer (le temple) chiite, et passerait enfin devant l'église évangélique. Une petite maison entièrement construite en tôle qui ne se démarque des habitations du quartier du château d'eau que par sa couleur ocre. Aucun signe extérieur ne prévient qu'il s'agit d'un lieu de culte. Les portes closes toute la semaine s'ouvrent seulement le dimanche aux fidèles. C'est le plus petit lieu de culte de l'île par la taille du bâtiment, mais le plus tolérante puisqu'il accueille les différents mouvements protestants : protestants réformés, luthériens, pentecôtistes...
Tous "les non catholiques dans la chrétienté se retrouvent ici" explique le pasteur, Zakanirina Wilfried. Le pasteur "Willy" pour les fidèles, ou encore "l'homme en moto", comme le décrivait dimanche un fidèle à qui je demandais de me le présenter. L'homme est simple, à l'image de sa salle de culte, une pièce rectangulaire qui se termine à l'une de ses extrémités par une petite estrade, sur laquelle une table fait office de tribune. Un bouquet de fleurs trône sur un coin du meuble. Il n'y a ni l'effigie du christ, ni aucun autre motif sur les murs nus. Une sobriété qui met en évidence une affichette de couleur jaune sur laquelle est écrit en noir : "Confiez vous à l'Eternel, il est le rocher de toute éternité."
Otez cela et vous pouvez vous retrouver dans la salle de classe d'une quelconque école primaire villageoise. De part et d'autre d'un couloir qui court depuis la porte d'entrée, des rangées de bancs font face à l'estrade à gauche de laquelle, deux fidèles s'impatientent devant le synthétiseur qui accompagne les chants des fidèles et les cris des enfants tout le long du culte. Pendant une heure et demie, la cinquantaine de fidèles, essentiellement originaires de Madagascar, vont chanter, prier et évoquer tout simplement leur vie en reconnaissance de Dieu et de son "Envoyé". Parmi eux, beaucoup d'adolescents et de très jeunes enfants.
"Pala était malade, il y a 3 jours, mais maintenant il est guéri" remercie une dame. Un des officiants demande à l'assistance de prier pour un couple de fidèles "parti à Anjouan en attente d'un bateau pour passer Noël à Madagascar". "Que l'amour de Dieu qui est en nous, soit connu par nos prochains" prie un autre, dans la conviction de la Réforme, où "Dieu est un Dieu de Liberté et d'Amour". Quelques notes de musique signent un entracte, suit une seconde prière, puis un chant…etc. Le Pasteur intervient vers la fin du culte pour faire son prêche.

Contrairement à la Mission catholique rattachée à une organisation verticale dominée par le Vatican, les protestants de Moroni ne répondent à aucune hiérarchie. C'est ainsi depuis 1931, période où l'on situe la présence des premiers protestants, selon le pasteur qui cite des documents historiques. Ces pionniers de l’évangélisme "se retrouvaient entre eux pour pratiquer leur foi", pense Zakanirina Wilfried, puisqu'il a fallu attendre 1968 pour que surgisse de terre l'actuel temple. Sans doute en raison de ce long passé de pratique religieuse en privé, les protestants se retrouvent en semaine chez les uns et les autres pour "entendre parler de la parole de Dieu, échanger et s'entraider", réservant le culte collectif au dimanche. On recense une petite centaine de fidèles qui, respectant la philosophie protestante favorable à la pluralité, se réunissent au-delà de leurs sensibilités différentes. Une particularité qui a poussé à l'adoption de l'appellation "d'église évangéliste de Moroni". La quasi totalité des croyants qui fréquentent la paroisse sont d'origine malgache, ce qui fait dire aux Comoriens que "c'est la paroisse des Malgaches". A tort, puisque "il y a eu un moment où il y avait beaucoup de ressortissants d'Afrique", précise le pasteur qui a maintenu le culte en français pour tenir compte de ce mouvement des fidèles.
Pendant ces années de pratique aux Comores, "nous n'avons pas rencontré de problème entre communautés religieuses et la pratique de la foi se fait en toute liberté, sans aucun obstacle administratif" se félicite Wilfried. Mais pour lui, les différences entre les Evangélistes et les Musulmans sont trop importantes pour qu'on mette en place un dialogue religieux au niveau doctrinal. "On peut en revanche parler de dialogue et de relations sur les plans humanitaire et d'entraide." Si la cohabitation entre les confessions est donc une réalité, "c'est peut-être parce qu'on est considérés comme étrangers". Notons qu'officiellement, aucun Comorien n’est converti au protestantisme. Signe que la tolérance ne traduit pas nécessairement une acceptation des autres "chemins vers Dieu".

Kamal'Eddine Saindou
"Kashkazi"
21-12-2005

Adventistes de tous les pays...

Avec une vingtaine de membres, l'Eglise adventiste de Maore ressemble plus à un groupuscule qu'à une communauté religieuse. Claude Bosdedore, le pasteur, préfère parler de "famille". D'ailleurs, c'est chez lui que les fidèles se retrouvent, le samedi, le mercredi et le vendredi. "Le rez-de-chaussée fait office d'église, le 1er étage est notre maison, à moi et ma femme", précise-t-il.
Présente dans 220 pays, l'Eglise adventiste n'en est qu'à ses balbutiements à Maore,. "Elle n'a que 15 ans", indique le pasteur. Tout a débuté avec une famille de Malgaches "qui sont venus ici pour trouver du travail". Ces Malgaches ont, selon les termes de Claude Bosdedore, "gagné" un Mahorais. "Il est resté plusieurs années, mais il subissait des pressions de sa famille. Il ne vient plus maintenant. Nous savons qu'il continue à partager la foi, mais en secret." Peu après, c'est un Anjouanais qui a rejoint la communauté, "mais il est reparti depuis. Ce doit être le seul adventiste des Comores. Je ne sais pas comment il vit sa foi là-bas".
L'Eglise, très présente dans la région -ils sont 90.000 fidèles à Madagascar, 4.000 à Maurice, 1.800 à la Réunion- ne prend de l'ampleur qu'en 2003, avec l'arrivée des Africains de l'est. "Cela a commencé par un Rwandais qui faisait partie de l'Eglise adventiste chez lui. Il a mis l4 mois pour nous trouver. Quand il nous a rencontrés, il était très heureux, il avait trouvé une famille, car nous sommes tous des frères et des sœurs. Puis il y en a eu plusieurs après", s'émerveille le pasteur. "L'Eglise a doublé grâce à eux. Ils nous ont amené leur foi", dit-il, “Il a fallu acheter des chaises, c'est bon signe".
Dernièrement, ils ont été rejoints par une Camerounaise, un Mohélien et trois Anjouanais. "Le Mohélien est arrivé de lui-même. Il n'avait jamais rencontré de missionnaire, jamais lu la Bible. Il nous a dit qu'il voulait être chrétien. C'est une conversion spontanée ! Je n'ai jamais vu ça. Je crois que c'est la télévision qui a éveillé son intérêt pour le christianisme. Nous espérons le baptiser en 2006. Après, il veut repartir à Mohéli pour partager avec d'autres ce qu'il a trouvé. Ils sont une dizaine à l'attendre.”

RC
"Kashkazi"
21-12-2005

 
Contacter Malango Sites partenaires Plan du site