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Ils vivent en terre sunnite et pratiquent la religion chrétienne ou un autre courant de l’Islam. Ils croient librement mais ne s’affichent pas. Coups de projecteur sur quelques minorités religieuses de l’archipel.

Dernière modification le : Vendredi 30 Décembre 2005 à 12:20:54.

la foi en toute discrétion

La foi en toute discrétion

Ils vivent en terre sunnite et pratiquent la religion chrétienne ou un autre courant de l’Islam. Ils croient librement mais ne s’affichent pas. Coups de projecteur sur quelques minorités religieuses de l’archipel.

Les religions dans les îles de l’océan Indien
Maurice compte environ 50% d’hindouistes, un peu moins de 30% de chrétiens (principalement catholiques), moins de 20% de musulmans et 3% environ de bouddhistes et adeptes d’autres religions. Les musulmans sont également minoritaires à Madagascar (7% environ) où près de la moitié de la population pratique ou a été élevée dans la religion chrétienne, catholique ou protestante.
Les catholiques sont majoritaires aux Seychelles, de même qu’à la Réunion ou sont également représentés l’hindouisme, l’islam et le bouddhisme.

Alors que les Comores portent les empreintes d'un fort brassage culturel compréhensible par leur situation géographique sur l'une des principales routes maritimes empruntées par les navigateurs à travers les siècles, et par plusieurs années de présence anglaise précédent le siècle et demi de colonisation française, il est surprenant de noter que l'archipel n'a subi qu'une seule influence religieuse. L'islam s'est imposé comme la seule religion pratiquée par les autochtones. Même les descendants des colons se sont dans leur grande majorité "intégrés" en se convertissant à la religion dominante. Seule Mayotte se détache relativement de ce mono confessionnalisme en faisant une place à une petite communauté de chrétiens autochtones, à laquelle s'ajoutent les Français de l'Hexagone et les autres nationalités qui s'y sont implantées au fil du temps. Celle-ci reste cependant très minoritaire. Les Comores demeurent donc une terre d'Islam dans un environnement régional très marqué par la religion chrétienne, même si l'on retrouve tant à Maurice, qu'aux Seychelles et à Madagascar, des communautés musulmanes plus ou moins importantes.

C'est dans ce contexte qu'il nous a semblé intéressant de jeter un coup de projecteur sur les minorités religieuses présentes aux Comores et les conditions dans lesquelles elles exercent leur foi. Dans un monde où les extrémismes favorisent l'émergence des intolérances, la cohabitation entre les différentes confessions religieuses est un baromètre important de l'Islam tel qu'il est vécu par les Comoriens. Un islam pacifique, s'accordent à dire de nombreux observateurs, plus axé sur la tolérance que sur l'acceptation du frère en Dieu d'une autre religion. Il est par conséquent socialement difficile pour un Comorien d'afficher publiquement une foi autre que celle de la majorité musulmane de son pays. Une ambiguïté que traduit la Constitution comorienne qui, tout en réaffirmant la liberté de croyance, précise que l'Etat "s'inspire de l'Islam" tout en n'étant plus un Etat islamique. Les religions se croisent donc mais, à de rares exceptions près, ne se fréquentent pas.

KES
21-12-2005

Nés musulmans, devenus chrétiens

Idrisse et Hassani se sont convertis à l'adolescence au christianisme. Pas facile à Mayotte, quand on est né dans une famille musulmane.

La croix de l’église de Mamoudzou, la mosquée bohra de Mutsamudu, et sur les deux autres clichés, des fidèles de l’église évangélique de Moroni, dimanche dernier.

Être chrétien dans un monde à 98% musulman n'est pas chose aisée. Mais ce n'est rien à côté de ceux qui sont devenus chrétiens dans une famille à 100% musulmane. C'est le cas d'Idrisse et Hassani qui, preuve des difficultés que ce choix engendre, ont tenu à garder l'anonymat -ce sont donc des prénoms d'emprunt. Le premier est né à Dembéni d'une famille pratiquante, sans plus. "Ils m'ont toujours élevés dans la croyance de Dieu, j'ai appris à respecter le jeûne du Ramadan, à prier, je suis allé à l'école coranique, mais ce n'était pas essentiel", raconte Idrisse. Le second a lui été confronté très tôt à la religion. "Ma mère est très croyante. C'est important pour elle non seulement de respecter la religion, mais aussi que ses enfants la respectent. Elle nous a toujours poussés à faire le jeûne, même quand on était petits, à apprendre le Coran… Quand on était ado, si elle nous avait pris en train de fumer, de boire de la bière ou même de fréquenter une fille, ça aurait été terrible. On le faisait, mais on se cachait. Mes sœurs ne pouvaient jamais sortir. Une fois, ma mère a appris que l'une d'elle -j'en ai quatre- flirtait avec un garçon d'un autre village. Elle l'a tabassée. C'est le mot", indique Hassani, 28 ans, qui a passé son enfance à Passamaïnty.
Tous deux affirment avoir toujours cru en Dieu. Mais un jour, ils ont changé de confession. "J'ai toujours beaucoup lu. Et je me suis intéressé assez tôt à la religion chrétienne. Pourquoi ? Je ne sais pas vraiment. J'était attiré par les Blancs, donc par leur religion", affirme Idrisse. "C'est en lisant des livres, puis la Bible, que je me suis senti plus proche de cette religion. J'ai commencé à discuter avec des gens autour de moi. Puis un jour, j'ai fait le pas : je suis allé à l'église. Je suis devenu protestant." Ce jeune homme de 26 ans, qui travaille dans une administration publique, parle facilement de sa conversion. Sa visite à l'imam, ses explications, sa rencontre avec le pasteur… Mais rien d'officiel : "Je n'ai pas reçu de formation, je le suis devenu comme ça." Le prêtre de l'Eglise catholique, Andrez Kusiak (lire ci-dessus) estime que ces gens -il en rencontre- ne sont pas de vrais chrétiens : "Ils ne se sont pas convertis officiellement. Ils cherchent avant tout les avantages matériels", dit-il. Idrisse n'est pas d'accord : "C'est pas parce que je n'ai pas un diplôme que je n'ai pas la foi", se défend-il avec humour.
Pour Hassani, les souvenirs sont plus difficiles à retrouver, plus délicats aussi. "Je n'aime pas vraiment en parler", dit-il. "C'est une mauvaise période. Je ne suis pas devenu chrétien par choix, je le suis devenu par rejet de l'Islam. Je n'ai jamais compris pourquoi cette religion était si contraignante. Et je n'ai jamais accepté. Prier cinq fois, ne pas manger du porc, jeûner pendant un mois, ça m'a toujours semblé illogique. Trop répressif. Et le fait que c'était important pour ma mère n'a rien arrangé. Devenir catholique, c'était en quelque sorte rejeter cet Islam qui représentait tous les interdits de ma jeunesse." C'est après, seulement, qu'il dit avoir découvert "les bienfaits du protestantisme". "C'est une religion respectueuse de l'être humain."
Tous deux affirment que la conversion s'est faite petit à petit. "On ne choisit pas de devenir du jour au lendemain chrétien. Surtout quand on connaît le poids de la religion ici. Cela se fait lentement, dans la tête, ça germe", analyse Hassani, avant de se comparer à un homosexuel : "L'autre jour, j'ai vu une émission à la télé où des homosexuels expliquaient comment ils avaient franchi le pas. Ça m'a rappelé ma situation. Eux aussi ont mis du temps, ont réfléchi, se sont posés des questions -certains ont même pesé le pour et le contre en terme de conséquences sociales- avant de faire leur choix.” Et avant de subir les foudres de l'entourage. Un calvaire ? Pas loin.
"Ça a été terrible pendant quelques semaines", se souvient Idrisse. "Dans le village, on ne me parlait plus, on m'évitait même. On me regardait de travers. Au début je rasais les murs. Je me sentais épié. Aujourd'hui, je n'ai plus aucun complexe. J'ai décidé de partir de Dembéni et de m'installer à Mtsapere." Mais sa famille a vite fait une croix sur ce "passif". "Elle a fait semblant d'oublier. Maintenant, on n'en parle pas. On discute, mais on ne parle pas de religion. Le fait que je vive loin facilite les choses.” Côté boulot, amis, "y'a pas de soucis. J'ai expliqué mon choix, et ils ont compris. Ma femme est catholique, c'est une Malgache, mes amis s'en foutent, même si des fois ils se moquent. Ça n'a pas plus de conséquences". Mieux, Idrisse se surprend parfois à faire du prosélytisme : "J'en parle avec mes meilleurs amis, je leur explique pourquoi je pense avoir raison, je leur sors des arguments pour les convaincre… Mais ça ne les touche pas vraiment. Ils rigolent." Souvent, il dit étonner ses auditeurs "quand je leur apprends qu'on a une religion différente, mais qu'on a le même Dieu. Ils ne me croient pas. A l'école coranique, on ne nous dit pas ça".
Hassani, lui, porte toujours sa croix. "Ma famille ne m'a pas pardonné. Ma mère ne veut plus me voir. Mes sœurs et mes frères sont contents quand ils viennent chez moi, mais ma mère…" se désole-t-il. Il dit vivre "très mal cette situation". "Cela m'a renfermé sur moi-même. Je n'ose plus me faire des amis, plus fréquenter mes anciens copains, mes voisins. Je me terre chez moi. Au travail (il ne souhaite pas le divulguer, ndlr), je me tais, j'évite les questions. Le mois de Ramadan est un calvaire pour moi. Je suis obligé de faire le jeûne alors que l'idée même me répulse."

Regrette-t-il sa conversion ? "Bien sûr que non, je crois en Dieu, en cette confession, je m'y retrouve. C'est elle qui me permet de dépasser ces difficultés. Je ne me pose jamais de questions. On est libres de choisir la religion qu'on veut. Si l'Islam n'accepte pas cela, alors cela veut dire que j'ai fait le bon choix", lance-t-il, un rien provocateur.
Idrisse compatit. S'interroge : "Ce n'est pas l'Islam qui n'accepte pas ça, c'est la société. Ici, dès qu'on sort des rails, on est mal perçu. "Tu es homosexuel ? Tu es catholique ? Tu es handicapé ? Tu as le Sida ? Tu n'es pas digne de notre société", c'est ça que beaucoup de gens pensent. C'est pas facile." Mais, ajoute-t-il, "je pense qu'avec les nouvelles générations, ça va changer".
Les deux hommes se sont rencontrés à l'église. Ils y allaient régulièrement avant. Plus aujourd'hui. "Je n'aime pas me montrer là-bas. Je garde ça pour moi", dit Hassani. Idrisse affirme pour sa part ne pas se sentir à l'aise "dans cette église". "Ce ne sont pas les gens qui sont à l'intérieur qui me gênent, au contraire c'est un lieu où l'on ne vous juge pas. Mais ce sont les regards de l'extérieur." Les deux hommes disent prier chez eux. En cachette, ou presque. "C'est encore une honte, que moi j'assume en partie, qu'Hassani n'assume pas", résume Idrisse. "Peut-être qu'un jour ça changera, mais en 2006, c'est encore une honte…"

RC
21-12-2005

Andrej Kusiak dans son église.

“Ici, un blanc est forcément chrétien”

Entretien avec Andrej Kusiak, prêtre de l'Eglise catholique à Mayotte depuis trois ans.

Andrej Kusiak, comment s'organise votre Eglise à Mayotte ?
Il y a environ 6.000 catholiques à Mayotte, dont 200 à 300 qui fréquentent régulièrement l'église -nous pouvons être 600 lors des grandes messes, comme celle de Noël qui approche. L'Eglise catholique a une vieille histoire ici. Le premier prêtre est arrivé en 1851, mais la communauté s'était déjà organisée en Petite Terre, avant même son arrivée. Au début, l'Eglise comprenait des créoles, ainsi que des esclaves, ou plutôt des gens ramenés par les missionnaires qui étaient devenus catholiques. En 1955, l'église de Mamoudzou a vu le jour. Aujourd'hui, le gros de la communauté se compose (par ordre décroissant, ndlr) de métropolitains, de créoles, de Malgaches, d'Antillais, et de quelques Africains, réfugiés ou venus en contrat, notamment du Togo et du Bénin.

Pas de Mahorais ?
Pour le moment je ne compte qu'un seul Mahorais qui vient régulièrement. Il suit une préparation afin d'être baptisé. D'autres viennent me voir et me disent qu'ils veulent devenir catholiques. On leur propose alors un temps d'initiation, qui dure en moyenne deux ans. Souvent les Mahorais font l'amalgame entre les différentes Eglises chrétiennes : évangélique, adventiste… Certains ne viennent que pour obtenir des dons matériels ; quand je leur pose des questions, ils ne savent rien de la religion catholique.

Les catholiques ont-ils des difficultés particulières à Mayotte ?
Les métropolitains non. Ils sont respectés. Ici un blanc est forcément chrétien… Par contre, c'est dur pour les Africains, surtout les réfugiés (lire ci-dessous, ndlr).

Qu'en est-il des relations entre les différentes Eglises chrétiennes, et les différentes religions présentes dans l'île ?
Elles sont bonnes. Avec les Eglises chrétiennes, on organise souvent des choses ensemble. Même avec les représentants de l'Islam ou de l'Hindouisme.

Recueilli par RC
21-12-2005

Je suis noir et je ne suis pas musulman

Les Africains arrivés clandestinement à Mayotte ont du mal à expliquer aux Mahorais qu'ils sont chrétiens.

Le scénario est connu. Déracinés, livrés à eux-mêmes, sans-papiers, les Africains arrivés clandestinement à Maore attachent une grande importance à la religion. C'était déjà le cas avant, assurent-ils ; mais depuis qu'ils vivent dans cette île tant bien que mal, sans pouvoir travailler mais sans risquer de se faire expulser -ils sont en attente d'obtention du statut de réfugiés-, c'est encore plus prégnant.
"La religion est d'un grand secours pour nous. Elle nous permet de ne pas perdre pied, de retrouver ce qu'on avait chez nous", indique Alex, originaire du Burundi, à Maore depuis 16 mois. Jakson, 26 ans, lui aussi Burundais, confirme : "C'est très important de retrouver des gens qui ont la même culture que soit. C'est plus facile de dialoguer, de se comprendre", dit-il. "Quand je suis arrivé ici", continue Alex, "j'ai découvert que c'était une terre d'Islam, ce que je ne savais pas avant. J'ai eu beaucoup de difficultés à m'intégrer. Ce n'est que plusieurs semaines après mon arrivée que j'ai appris qu'il y avait ici d'autres confessions, notamment la mienne." Comme nombre de Burundais, et comme Jakson, Alex, 32 ans, est protestant.
"C'est difficile ici de mettre en avant une autre religion", poursuit-il. "Surtout pendant la période du Ramadan : nous sommes obligés de nous cacher. L'Islam n'est pas tolérant envers les autres religions. Ici, les gens ne comprennent pas qu'on puisse avoir une autre religion. Pour eux, il n'en existe qu'une. Qu'un blanc puisse être chrétien, ils comprennent. Mais comme je suis noir, les gens pensent que je suis musulman."
Jakson lui se souvient de ses premiers jours à Pamandzi. "Les gens m'observaient, et ils voyaient que je n'allais pas à la mosquée. Ils m'ont demandé pourquoi je n'allais pas prier. On ne demanderait pas ça à un blanc. Je leur ai dit que je n'étais pas musulman."
Yvette, 23 ans, originaire du Congo (RDC), est catholique… et en colère. "Les gens sont agressifs quand ils apprennent que je suis catholique. Ils me lancent des injures. Avant j'habitais à Vahibé (dans les hauteurs de l'île, ndlr), c'était impossible. Ma fille de 9 ans se faisait insulter. On lui disait : "Tu n'iras pas au paradis, tu iras en enfer parce que tu ne sais pas prier." Parfois, elle revenait toute sale. Les autres enfants la piétinaient. Et moi je ne pouvais rien dire. Si je disais au voisin que son enfant avait insulté ma fille, il me répondait que je n'avais pas à être chrétienne. A la fin, ma fille ne voulait pas aller à l'école." Depuis une semaine, elle a déménagé, préférant l'anonymat de la ville : "Je suis venue à Mtsapere parce qu'ici les gens travaillent. A la campagne les gens ne font rien, ils épient, ils racontent n'importe quoi sur les voisins."
Le poids semble si lourd qu'Alex avoue avoir pensé à se convertir. "Si je n'avais pas rencontré d'autres personnes qui avaient la même religion que moi ici, je me serais peut-être converti à l'Islam. Contre ma volonté, mais pour m'intégrer." Pour survivre, lâchera-t-il juste après. Autrement dit : pour profiter de la charité musulmane, comme il profite aujourd'hui de la charité chrétienne, lui qui subit la situation ubuesque des réfugiés en attente de statut : il a le droit de rester, mais pas de travailler. Jakson, lui, va plus loin : "S'il n'y avait eu ici que des musulmans, je me serais converti pour ne pas être persécuté." Mais, ajoute-t-il, "le fait qu'on soit ici en France m'a rassuré. Si on avait été dans une république islamique, je me serais converti contre mon gré". Yvette n'y a jamais pensé. Par contre, elle avoue dire parfois aux gens qu'elle est musulmane, "pour ne pas avoir de problèmes", se justifie-t-elle. Pour dialoguer aussi : "Les voisins, s'ils savent que je suis catholique, ne viendront pas parler avec moi", croit-elle. C'est pour cette raison qu'Yvette a refusé de se faire prendre en photo, de même qu'Alex et Jakson.

Face à ces difficultés d'intégration, tous trois assurent que leur confession leur a été d'un grand secours. Alex : "Au début, je n'osais pas aller à l'église. Ce n'est que quand j'ai eu le papier qui me permet de rester ici provisoirement que j'y suis allé. Ça a été un grand réconfort pour moi." Le culte des protestants -le mercredi et le dimanche- est ainsi une occasion de "discuter", "d'échanger". Yvette confirme trouver un réconfort en venant prier à l'Eglise catholique : "Je ne viens pas tous les dimanches parce que je n'ai pas forcément l'argent, mais quand je viens ça me fait du bien. Je prie chez moi sinon." "En dehors de la messe, la plupart sont devenus des amis", affirme de son côté Alex. "On est comme des frères", confirme Jakson. Mais cette fraternité confessionnelle a des limites. "Moralement, les protestants métropolitains ou malgaches nous soutiennent. Quand on manifestait devant la préfecture, ils nous avaient rendu visite. Mais matériellement, rien", se désole Alex. "Chez nous en Afrique, les chrétiens s'entraident, ils sont plus solidaires. Ici, c'est peut-être l'influence occidentale, on n'a pas les mêmes valeurs. Chacun s'enferme chez soi."

RC

 
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