la foi en toute discrétion
La foi en toute discrétion
Ils vivent en terre sunnite et pratiquent la religion
chrétienne ou un autre courant de l’Islam. Ils croient librement
mais ne s’affichent pas. Coups de projecteur sur quelques minorités
religieuses de l’archipel.
Les
religions dans les îles de l’océan Indien
Maurice compte environ 50% d’hindouistes, un peu moins de 30% de
chrétiens (principalement catholiques), moins de 20% de musulmans
et 3% environ de bouddhistes et adeptes d’autres religions. Les
musulmans sont également minoritaires à Madagascar (7% environ)
où près de la moitié de la population pratique ou
a été élevée dans la religion chrétienne,
catholique ou protestante.
Les catholiques sont majoritaires aux Seychelles, de même qu’à
la Réunion ou sont également représentés l’hindouisme,
l’islam et le bouddhisme. |
Alors
que les Comores portent les empreintes d'un fort brassage culturel compréhensible
par leur situation géographique sur l'une des principales routes maritimes
empruntées par les navigateurs à travers les siècles, et
par plusieurs années de présence anglaise précédent
le siècle et demi de colonisation française, il est surprenant
de noter que l'archipel n'a subi qu'une seule influence religieuse. L'islam
s'est imposé comme la seule religion pratiquée par les autochtones.
Même les descendants des colons se sont dans leur grande majorité
"intégrés" en se convertissant à la religion
dominante. Seule Mayotte se détache relativement de ce mono confessionnalisme
en faisant une place à une petite communauté de chrétiens
autochtones, à laquelle s'ajoutent les Français de l'Hexagone
et les autres nationalités qui s'y sont implantées au fil du temps.
Celle-ci reste cependant très minoritaire. Les Comores demeurent donc
une terre d'Islam dans un environnement régional très marqué
par la religion chrétienne, même si l'on retrouve tant à
Maurice, qu'aux Seychelles et à Madagascar, des communautés musulmanes
plus ou moins importantes.
C'est dans
ce contexte qu'il nous a semblé intéressant de jeter un coup de
projecteur sur les minorités religieuses présentes aux Comores
et les conditions dans lesquelles elles exercent leur foi. Dans un monde où
les extrémismes favorisent l'émergence des intolérances,
la cohabitation entre les différentes confessions religieuses est un
baromètre important de l'Islam tel qu'il est vécu par les Comoriens.
Un islam pacifique, s'accordent à dire de nombreux observateurs, plus
axé sur la tolérance que sur l'acceptation du frère en
Dieu d'une autre religion. Il est par conséquent socialement difficile
pour un Comorien d'afficher publiquement une foi autre que celle de la majorité
musulmane de son pays. Une ambiguïté que traduit la Constitution
comorienne qui, tout en réaffirmant la liberté de croyance, précise
que l'Etat "s'inspire de l'Islam" tout en n'étant plus un Etat
islamique. Les religions se croisent donc mais, à de rares exceptions
près, ne se fréquentent pas.
KES
21-12-2005
Nés musulmans, devenus chrétiens
Idrisse et Hassani se sont convertis à l'adolescence
au christianisme. Pas facile à Mayotte, quand on est né
dans une famille musulmane.
Être
chrétien dans un monde à 98% musulman n'est pas chose aisée.
Mais ce n'est rien à côté de ceux qui sont devenus chrétiens
dans une famille à 100% musulmane. C'est le cas d'Idrisse et Hassani
qui, preuve des difficultés que ce choix engendre, ont tenu à
garder l'anonymat -ce sont donc des prénoms d'emprunt. Le premier est
né à Dembéni d'une famille pratiquante, sans plus. "Ils
m'ont toujours élevés dans la croyance de Dieu, j'ai appris à
respecter le jeûne du Ramadan, à prier, je suis allé à
l'école coranique, mais ce n'était pas essentiel", raconte
Idrisse. Le second a lui été confronté très tôt
à la religion. "Ma mère est très croyante. C'est important
pour elle non seulement de respecter la religion, mais aussi que ses enfants
la respectent. Elle nous a toujours poussés à faire le jeûne,
même quand on était petits, à apprendre le Coran…
Quand on était ado, si elle nous avait pris en train de fumer, de boire
de la bière ou même de fréquenter une fille, ça aurait
été terrible. On le faisait, mais on se cachait. Mes sœurs
ne pouvaient jamais sortir. Une fois, ma mère a appris que l'une d'elle
-j'en ai quatre- flirtait avec un garçon d'un autre village. Elle l'a
tabassée. C'est le mot", indique Hassani, 28 ans, qui a passé
son enfance à Passamaïnty.
Tous deux affirment avoir toujours cru en Dieu. Mais un jour, ils ont changé
de confession. "J'ai toujours beaucoup lu. Et je me suis intéressé
assez tôt à la religion chrétienne. Pourquoi ? Je ne sais
pas vraiment. J'était attiré par les Blancs, donc par leur religion",
affirme Idrisse. "C'est en lisant des livres, puis la Bible, que je me
suis senti plus proche de cette religion. J'ai commencé à discuter
avec des gens autour de moi. Puis un jour, j'ai fait le pas : je suis allé
à l'église. Je suis devenu protestant." Ce jeune homme de
26 ans, qui travaille dans une administration publique, parle facilement de
sa conversion. Sa visite à l'imam, ses explications, sa rencontre avec
le pasteur… Mais rien d'officiel : "Je n'ai pas reçu de formation,
je le suis devenu comme ça." Le prêtre de l'Eglise catholique,
Andrez Kusiak (lire ci-dessus) estime que ces gens -il en rencontre- ne sont
pas de vrais chrétiens : "Ils ne se sont pas convertis officiellement.
Ils cherchent avant tout les avantages matériels", dit-il. Idrisse
n'est pas d'accord : "C'est pas parce que je n'ai pas un diplôme
que je n'ai pas la foi", se défend-il avec humour.
Pour Hassani, les souvenirs sont plus difficiles à retrouver, plus délicats
aussi. "Je n'aime pas vraiment en parler", dit-il. "C'est une
mauvaise période. Je ne suis pas devenu chrétien par choix, je
le suis devenu par rejet de l'Islam. Je n'ai jamais compris pourquoi cette religion
était si contraignante. Et je n'ai jamais accepté. Prier cinq
fois, ne pas manger du porc, jeûner pendant un mois, ça m'a toujours
semblé illogique. Trop répressif. Et le fait que c'était
important pour ma mère n'a rien arrangé. Devenir catholique, c'était
en quelque sorte rejeter cet Islam qui représentait tous les interdits
de ma jeunesse." C'est après, seulement, qu'il dit avoir découvert
"les bienfaits du protestantisme". "C'est une religion respectueuse
de l'être humain."
Tous deux affirment que la conversion s'est faite petit à petit. "On
ne choisit pas de devenir du jour au lendemain chrétien. Surtout quand
on connaît le poids de la religion ici. Cela se fait lentement, dans la
tête, ça germe", analyse Hassani, avant de se comparer à
un homosexuel : "L'autre jour, j'ai vu une émission à la
télé où des homosexuels expliquaient comment ils avaient
franchi le pas. Ça m'a rappelé ma situation. Eux aussi ont mis
du temps, ont réfléchi, se sont posés des questions -certains
ont même pesé le pour et le contre en terme de conséquences
sociales- avant de faire leur choix.” Et avant de subir les foudres de
l'entourage. Un calvaire ? Pas loin.
"Ça a été terrible pendant quelques semaines",
se souvient Idrisse. "Dans le village, on ne me parlait plus, on m'évitait
même. On me regardait de travers. Au début je rasais les murs.
Je me sentais épié. Aujourd'hui, je n'ai plus aucun complexe.
J'ai décidé de partir de Dembéni et de m'installer à
Mtsapere." Mais sa famille a vite fait une croix sur ce "passif".
"Elle a fait semblant d'oublier. Maintenant, on n'en parle pas. On discute,
mais on ne parle pas de religion. Le fait que je vive loin facilite les choses.”
Côté boulot, amis, "y'a pas de soucis. J'ai expliqué
mon choix, et ils ont compris. Ma femme est catholique, c'est une Malgache,
mes amis s'en foutent, même si des fois ils se moquent. Ça n'a
pas plus de conséquences". Mieux, Idrisse se surprend parfois à
faire du prosélytisme : "J'en parle avec mes meilleurs amis, je
leur explique pourquoi je pense avoir raison, je leur sors des arguments pour
les convaincre… Mais ça ne les touche pas vraiment. Ils rigolent."
Souvent, il dit étonner ses auditeurs "quand je leur apprends qu'on
a une religion différente, mais qu'on a le même Dieu. Ils ne me
croient pas. A l'école coranique, on ne nous dit pas ça".
Hassani, lui, porte toujours sa croix. "Ma famille ne m'a pas pardonné.
Ma mère ne veut plus me voir. Mes sœurs et mes frères sont
contents quand ils viennent chez moi, mais ma mère…" se désole-t-il.
Il dit vivre "très mal cette situation". "Cela m'a renfermé
sur moi-même. Je n'ose plus me faire des amis, plus fréquenter
mes anciens copains, mes voisins. Je me terre chez moi. Au travail (il ne souhaite
pas le divulguer, ndlr), je me tais, j'évite les questions. Le mois de
Ramadan est un calvaire pour moi. Je suis obligé de faire le jeûne
alors que l'idée même me répulse."
Regrette-t-il
sa conversion ? "Bien sûr que non, je crois en Dieu, en cette confession,
je m'y retrouve. C'est elle qui me permet de dépasser ces difficultés.
Je ne me pose jamais de questions. On est libres de choisir la religion qu'on
veut. Si l'Islam n'accepte pas cela, alors cela veut dire que j'ai fait le bon
choix", lance-t-il, un rien provocateur.
Idrisse compatit. S'interroge : "Ce n'est pas l'Islam qui n'accepte pas
ça, c'est la société. Ici, dès qu'on sort des rails,
on est mal perçu. "Tu es homosexuel ? Tu es catholique ? Tu es handicapé
? Tu as le Sida ? Tu n'es pas digne de notre société", c'est
ça que beaucoup de gens pensent. C'est pas facile." Mais, ajoute-t-il,
"je pense qu'avec les nouvelles générations, ça va
changer".
Les deux hommes se sont rencontrés à l'église. Ils y allaient
régulièrement avant. Plus aujourd'hui. "Je n'aime pas me
montrer là-bas. Je garde ça pour moi", dit Hassani. Idrisse
affirme pour sa part ne pas se sentir à l'aise "dans cette église".
"Ce ne sont pas les gens qui sont à l'intérieur qui me gênent,
au contraire c'est un lieu où l'on ne vous juge pas. Mais ce sont les
regards de l'extérieur." Les deux hommes disent prier chez eux.
En cachette, ou presque. "C'est encore une honte, que moi j'assume en partie,
qu'Hassani n'assume pas", résume Idrisse. "Peut-être
qu'un jour ça changera, mais en 2006, c'est encore une honte…"
RC
21-12-2005
 |
Andrej
Kusiak dans son église. |
“Ici, un blanc est forcément chrétien”
Entretien avec Andrej Kusiak, prêtre de l'Eglise
catholique à Mayotte depuis trois ans.
Andrej
Kusiak, comment s'organise votre Eglise à Mayotte ?
Il y a environ 6.000 catholiques à Mayotte, dont 200 à 300 qui
fréquentent régulièrement l'église -nous pouvons
être 600 lors des grandes messes, comme celle de Noël qui approche.
L'Eglise catholique a une vieille histoire ici. Le premier prêtre est
arrivé en 1851, mais la communauté s'était déjà
organisée en Petite Terre, avant même son arrivée. Au début,
l'Eglise comprenait des créoles, ainsi que des esclaves, ou plutôt
des gens ramenés par les missionnaires qui étaient devenus catholiques.
En 1955, l'église de Mamoudzou a vu le jour. Aujourd'hui, le gros de
la communauté se compose (par ordre décroissant, ndlr) de métropolitains,
de créoles, de Malgaches, d'Antillais, et de quelques Africains, réfugiés
ou venus en contrat, notamment du Togo et du Bénin.
Pas
de Mahorais ?
Pour le moment je ne compte qu'un seul Mahorais qui vient régulièrement.
Il suit une préparation afin d'être baptisé. D'autres viennent
me voir et me disent qu'ils veulent devenir catholiques. On leur propose alors
un temps d'initiation, qui dure en moyenne deux ans. Souvent les Mahorais font
l'amalgame entre les différentes Eglises chrétiennes : évangélique,
adventiste… Certains ne viennent que pour obtenir des dons matériels
; quand je leur pose des questions, ils ne savent rien de la religion catholique.
Les
catholiques ont-ils des difficultés particulières à Mayotte
?
Les métropolitains non. Ils sont respectés. Ici un blanc est forcément
chrétien… Par contre, c'est dur pour les Africains, surtout les
réfugiés (lire ci-dessous, ndlr).
Qu'en est-il des relations entre les différentes Eglises chrétiennes,
et les différentes religions présentes dans l'île ?
Elles sont bonnes. Avec les Eglises chrétiennes, on organise souvent
des choses ensemble. Même avec les représentants de l'Islam ou
de l'Hindouisme.
Recueilli
par RC
21-12-2005
Je suis noir et je ne suis pas musulman
Les Africains arrivés clandestinement à
Mayotte ont du mal à expliquer aux Mahorais qu'ils sont chrétiens.
Le
scénario est connu. Déracinés, livrés à eux-mêmes,
sans-papiers, les Africains arrivés clandestinement à Maore attachent
une grande importance à la religion. C'était déjà
le cas avant, assurent-ils ; mais depuis qu'ils vivent dans cette île
tant bien que mal, sans pouvoir travailler mais sans risquer de se faire expulser
-ils sont en attente d'obtention du statut de réfugiés-, c'est
encore plus prégnant.
"La religion est d'un grand secours pour nous. Elle nous permet de ne pas
perdre pied, de retrouver ce qu'on avait chez nous", indique Alex, originaire
du Burundi, à Maore depuis 16 mois. Jakson, 26 ans, lui aussi Burundais,
confirme : "C'est très important de retrouver des gens qui ont la
même culture que soit. C'est plus facile de dialoguer, de se comprendre",
dit-il. "Quand je suis arrivé ici", continue Alex, "j'ai
découvert que c'était une terre d'Islam, ce que je ne savais pas
avant. J'ai eu beaucoup de difficultés à m'intégrer. Ce
n'est que plusieurs semaines après mon arrivée que j'ai appris
qu'il y avait ici d'autres confessions, notamment la mienne." Comme nombre
de Burundais, et comme Jakson, Alex, 32 ans, est protestant.
"C'est difficile ici de mettre en avant une autre religion", poursuit-il.
"Surtout pendant la période du Ramadan : nous sommes obligés
de nous cacher. L'Islam n'est pas tolérant envers les autres religions.
Ici, les gens ne comprennent pas qu'on puisse avoir une autre religion. Pour
eux, il n'en existe qu'une. Qu'un blanc puisse être chrétien, ils
comprennent. Mais comme je suis noir, les gens pensent que je suis musulman."
Jakson lui se souvient de ses premiers jours à Pamandzi. "Les gens
m'observaient, et ils voyaient que je n'allais pas à la mosquée.
Ils m'ont demandé pourquoi je n'allais pas prier. On ne demanderait pas
ça à un blanc. Je leur ai dit que je n'étais pas musulman."
Yvette, 23 ans, originaire du Congo (RDC), est catholique… et en colère.
"Les gens sont agressifs quand ils apprennent que je suis catholique. Ils
me lancent des injures. Avant j'habitais à Vahibé (dans les hauteurs
de l'île, ndlr), c'était impossible. Ma fille de 9 ans se faisait
insulter. On lui disait : "Tu n'iras pas au paradis, tu iras en enfer parce
que tu ne sais pas prier." Parfois, elle revenait toute sale. Les autres
enfants la piétinaient. Et moi je ne pouvais rien dire. Si je disais
au voisin que son enfant avait insulté ma fille, il me répondait
que je n'avais pas à être chrétienne. A la fin, ma fille
ne voulait pas aller à l'école." Depuis une semaine, elle
a déménagé, préférant l'anonymat de la ville
: "Je suis venue à Mtsapere parce qu'ici les gens travaillent. A
la campagne les gens ne font rien, ils épient, ils racontent n'importe
quoi sur les voisins."
Le poids semble si lourd qu'Alex avoue avoir pensé à se convertir.
"Si je n'avais pas rencontré d'autres personnes qui avaient la même
religion que moi ici, je me serais peut-être converti à l'Islam.
Contre ma volonté, mais pour m'intégrer." Pour survivre,
lâchera-t-il juste après. Autrement dit : pour profiter de la charité
musulmane, comme il profite aujourd'hui de la charité chrétienne,
lui qui subit la situation ubuesque des réfugiés en attente de
statut : il a le droit de rester, mais pas de travailler. Jakson, lui, va plus
loin : "S'il n'y avait eu ici que des musulmans, je me serais converti
pour ne pas être persécuté." Mais, ajoute-t-il, "le
fait qu'on soit ici en France m'a rassuré. Si on avait été
dans une république islamique, je me serais converti contre mon gré".
Yvette n'y a jamais pensé. Par contre, elle avoue dire parfois aux gens
qu'elle est musulmane, "pour ne pas avoir de problèmes", se
justifie-t-elle. Pour dialoguer aussi : "Les voisins, s'ils savent que
je suis catholique, ne viendront pas parler avec moi", croit-elle. C'est
pour cette raison qu'Yvette a refusé de se faire prendre en photo, de
même qu'Alex et Jakson.
Face à
ces difficultés d'intégration, tous trois assurent que leur confession
leur a été d'un grand secours. Alex : "Au début,
je n'osais pas aller à l'église. Ce n'est que quand j'ai eu le
papier qui me permet de rester ici provisoirement que j'y suis allé.
Ça a été un grand réconfort pour moi."
Le culte des protestants -le mercredi et le dimanche- est ainsi une occasion
de "discuter", "d'échanger". Yvette confirme trouver
un réconfort en venant prier à l'Eglise catholique : "Je
ne viens pas tous les dimanches parce que je n'ai pas forcément l'argent,
mais quand je viens ça me fait du bien. Je prie chez moi sinon."
"En dehors de la messe, la plupart sont devenus des amis",
affirme de son côté Alex. "On est comme des frères",
confirme Jakson. Mais cette fraternité confessionnelle a des limites.
"Moralement, les protestants métropolitains ou malgaches nous
soutiennent. Quand on manifestait devant la préfecture, ils nous avaient
rendu visite. Mais matériellement, rien", se désole
Alex. "Chez nous en Afrique, les chrétiens s'entraident, ils
sont plus solidaires. Ici, c'est peut-être l'influence occidentale, on
n'a pas les mêmes valeurs. Chacun s'enferme chez soi."
RC
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