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Dernière modification le : Vendredi 22 Juin 2007 à 09:53:26.
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Présidentielles 2006 : Les candidats
Le trombinoscope des présidentielles
La pauvreté
et l'uniformité des programmes rend difficile toute comparaison entre
les propositions des différents candidats. Voici tout de même
quelques éléments sur ces hommes qui veulent diriger les Comores.
La présentation de Nassuf Ahmed Abdallah est un peu différente
des autres car il est le seul à avoir refusé l'interview, à
laquelle se sont livrés dans nos pages les candidats depuis quelques
mois.
Abdourhamane Mohamed Ben Ali
- Parti : aucun.
- Profession : cadre économique (SNPT, Mamwe).
- Age : 42 ans.
- Postes politiques déjà occupés : aucun.
- Signe particulier : Nouveau en politique, il prône
la "place aux jeunes" à la tête du pays, propose une
"3e voie" et lance dans ses meetings "I have a dream".
- Atouts : Un discours qui se démarque
- Faiblesses : Méconnaissance du terrain, manque
de moyens et de popularité
Ses
priorités politiques : "Donner
la place aux jeunes générations et aux femmes, lancer un
plan d'urgence économique, lutter contre la fracture des prix,
instaurer la bonne gouvernance."
Sa position sur la constitution : "Il faut une consolidation. Le
schéma n'a été appliqué qu'en partie, mais
pas réellement parce qu'il y a eu des blocages."
Sa position sur Mayotte : "C'est un talon d'Achille.
Elle est ce qu'est la Palestine à la diplomatie israélienne.
Une nouvelle donne doit être formée par la jeunesse dans
le sens d'un développement harmonieux de la région océan
indien / Comores. Celle-ci passera obligatoirement par la prise en compte
des considérations de vie liées au décalage de développement
entre les îles historiquement sœurs."
Ahmed Abdallah Sambi
- Parti : aucun.
- Profession : prédicateur et homme d'affaires.
- Age : 48 ans.
- Lieu de naissance : Mutsamudu.
- Postes politiques déjà occupés : député,
président de la Commission des lois à l'Assemblée nationale
en 1996
- Signe particulier : Le plus populaire des candidats avec
son slogan "Une maison pour tous", surnommé "Ayatollah".
- Atouts : A su s'imposer comme le candidat des laissés
pour compte à qui il fait espérer autre chose. La jeunesse le
soutient et chante son hymne composé par un rappeur à la mode.
Le seul à avoir un discours "proche des gens".
- Faiblesses : Un discours et un programme simplistes. Son
côté islamiste suscite la crainte de nombreux cadres et, dit-on,
de la communauté internationale.
Ses
priorités politiques : "Transformer l'habitat du
Comorien, lutter contre le chômage, mettre en place une vraie justice."
Sa position sur la constitution : "Nous n'avons
pas la meilleure architecture institutionnelle. Mais je ne vais pas brûler
mon énergie à m'occuper de cela. Il faut les laisser évoluer
à leur rythme et en tirer les leçons."
Sa position sur Mayotte : "La solution, c'est que
les Mahorais retournent à la maison commune. Mais ils ne viendront
pas nous rejoindre dans la misère."
Caabi El Yachroutu Mohamed
- Parti : aucun.
- Profession : cadre économique.
- Age : 56 ans.
- Lieu de naissance : Mutsamudu.
- Postes politiques déjà occupés : ministre
de Djohar puis du gouvernement de transition, SG de la Commission de l'océan
indien, premier vice-président de l'Union des Comores.
- Signe particulier : Considéré comme le candidat
de la raison et du consensus
- Atouts : Entouré et soutenu par de nombreux cadres,
il inspire confiance par une réputation d'honnêteté, son
expérience et sa connaissance des rouages des relations internationales.
Tout le monde s'accorde à dire qu'il saura rassurer les "bailleurs
de fonds".
- Faiblesses : Malgré sa rupture avec le parti CRC,
au sein duquel il a participé à la direction du pays pendant
4 ans, il ne parvient pas à incarner autre chose que la continuité
avec les programmes définis en accord avec la communauté internationale,
à proposer autre chose que l'application du fameux "DCRP".
Il n'est pas porteur d'un véritable projet de société.
Ses
priorités politiques : "Consolider la réconciliation
nationale, relancer le développement économique, lancer
une politique sociale conforme au plan de lutte contre la pauvreté,
élaborer un plan en faveur des régions déshéritées."
Sa position sur la constitution : "Je ne pense pas
qu'elle est en soi mauvaise. Mais il faut un débat national pour
trouver les moyens d'alléger les institutions sans mettre en cause
l'esprit qui les a créées."
Sa position sur Mayotte : "Nous devons être
pragmatiques et réalistes. Là-dessus, je salue le courage
du président Azali d'avoir changé de démarche. Je
suis favorable à un partenariat économique poussé
avec Mayotte, à casser les barrières pour la circulation
des hommes. Dans ces conditions, le rapprochement se fera de lui-même,
même s'il prendra beaucoup de temps."
Chadhouli Abdou
- Parti : Ridja.
- Profession : comptable.
- Age : 48 ans.
- Lieu de naissance : Koki.
- Postes politiques déjà occupés : député
de la circonscription de Bazimini et rapporteur de la commission des Finances
de l'Assemblée nationale en 1995.
- Signe particulier : Veut valoriser et redonner confiance
aux cadres comoriens
- Atouts : Il est le seul candidat de sa région
- Faiblesses : Le Ridja est faiblement implanté à
Ndzuani
Ses
priorités politiques : "Réhabiliter la confiance
en la politique, moraliser l'administration, redonner une nouvelle image
de la diplomatie, crédibiliser la justice."
Sa position sur la constitution : "Puisque les Comoriens
ont choisi cette forme d'organisation, il faut l'appliquer réellement
pour que la population saisisse les défauts et les limites de son
adaptation. Nous voulons construire une maison de 9 pièces alors
que nous avons les moyens pour 2 pièces. Nous apprendrons à
devenir réalistes."
Sa position sur Mayotte : "C'est une affaire politique
qui se discute au niveau des instances africaines et mondiales, elle doit
trouver une solution politique et non économique"
Nourddine Midiladji
- Parti : aucun.
- Profession : fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères.
- Age : 49 ans.
- Lieu de naissance : Domoni.
- Postes politiques déjà occupés : chef du protocole
sous Ahmed Abdallah, conseiller du président Djohar, député
à l'Assemblée de l'Union.
- Signe particulier : Il prône une compétition entre les îles
en matière de développement, avec un Etat qui "stimule
la compétition en donnant les moyens pour l'épanouissement et
l'affirmation des entités insulaires au lieu de chercher à les
étouffer".
- Atouts : Il fait partie des cinq candidats qui ont les faveurs du gouvernement
de l'île et peut créer la surprise
- Faiblesses : Très marqué par le régime Abdallah qu'il
a servi jusqu'à la fin
Ses
priorités politiques : "Donner aux entités
autonomes les moyens de s'affirmer, renforcer l'Union dans la compétitivité
entre les îles, développer la capacité énergétique
du pays, favoriser l'égalité des chances sur le plan social."
Sa position sur la constitution : "Nous devons trouver
un consensus sur la nécessité de réduire les coûts
de cette architecture sans toucher l'esprit qui a fondé les entités
autonomes."
Sa position sur Mayotte : "La terre mahoraise est
comorienne et les Mahorais sont français. Pour ma part, ma priorité
porte sur la résolution des problèmes des trois îles
qui souffrent beaucoup économiquement et socialement. Nous aborderons
ce dossier lorsque nous serons en mesure de proposer de vraies solutions."
Nassuf Ahmed Abdallah
- Parti : aucun.
- Profession : ingénieur agronome.
- Age : 60 ans.
- Lieu de naissance : Domoni.
- Postes politiques déjà occupés : plusieurs fois député.
- Signe particulier : Fils de l'ancien président Ahmed Abdallah
Dans
sa Lettre ouverte aux Anjouanais, Nassuf Ahmed Abdallah se présente
comme une "alternative pour un avenir certain et prospère
des Comores". Ses priorités sont "le respect de l’unité
nationale et de l’intégrité territoriale dans la différence
des îles". Pour relever le défi des Comores, "nous
devons être respectueux de nos coutumes, savoir écouter la
notabilité et avancer en transcendant les clivages insulaires pour
tirer meilleur profit de nos différences, base de l’enrichissement
mutuel national de tous les citoyens comoriens". Il se propose de
développer "la formation pour les jeunes", d’apporter
"une attention particulière à la femme, à sa
formation, à son emploi et à sa participation dans la vie
politique". La diaspora pourra "bénéficier d’une
attention particulière dans la mesure où elle est une source
d’attraction, d’entrées de devises et d’investissement".
Il déclare que le pays est "redevable" aux plus démunis,
aux moins instruits et aux handicapés par "solidarité
et fraternité mais aussi et surtout par respect de notre religion,
l’Islam et de nos traditions ancestrales". Sur le plan économique,
"le développement de notre pays pour être stable et
durable doit reposer sur l’exploitation efficiente de notre mer,
une meilleure exploitation du tourisme, une capacité attractive
des investissements étrangers et la transformation sur place de
nos produits agricoles". Il promet une réforme de la fonction
publique en vue d’une "administration avec sa déontologie,
ses avantages et ses contraintes" et un retour à "une
gestion rigoureuse et planifiée des finances publiques dans un
contexte de stabilité politique et de sécurité".
"6 mois après mon élection, je rétablirai toutes
les compétences de l’Union sur Anjouan qui doit compenser
son retard de ces dernières années".
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